L’Art éco-conscient

Le concept d’art éco-conscient revêt deux dimensions: celle de l’écologie environnementale et celle de l’écologie intérieure.

La conscience écologique se manifeste tout d’abord par une collecte raisonnée des pigments, prélévés soit directement au sol, soit de manière à laisser suffisamment de spécimens pour ne pas dégrader l’écosystème. Les pigments sont toujours issus de l’environnement proche.

Le travail de broyage, tamisage puis l’acte créatif visent à susciter rêverie, imagination, émerveillement face à la Nature et à ce qu’elle offre en termes de matières, couleurs et nuances pour se laisser conter.

L’écologie intérieure s’épanouit au travers de tous les sens sollicités durant la phase de collecte et de création.

Les odeurs, les sons, les textures, les teintes participent d’une méditation active et consciente. Lorsque les plantes séchées crissent sous la main qui les froisse, crépitent sous le pilon… c’est tout un univers de sons qui me met en joie. Le bruit des poudres qu’on agite avec l’eau pour les mélanger, celui des couleurs qui coulent puis glissent sur la toile…

Toute une palette d’odeurs m’accompagne lors de chacune de ces étapes: celle des plantes fraîches, des sous-bois, le parfum iodé des éponges et des algues… Certains parfums ne sont pas évidents au départ puis se révèlent soit par broyage soit mélangés aux média.

Le sens le plus évidemment sollicité est la vue. Il peut être pris de court parfois, lorsqu’une plante offre une teinte inattendue au séchage ou au broyage et il s’étonne à chaque fois de l’immensité des nuances proposées par la Nature.

Enfin, et non des moindres, il y a le toucher. Sollicité en permanence, il donne toute sa sensualité à chaque tableau. Sentir chaque pigment glisser sous les doigts en poudre fine, douce ou rêche… Toucher les peintures lisses ou visqueuses, puis caresser chaque zone de la toile comme une carte en relief de l’anatomie de Mère Nature…
Voici le panel de sensations offert par les créations éco-conscientes .